26 septembre 2009

Pourquoi la gouvernance de la France est soumise aux dérapages

Dérapages. Lapsus. Improvisations. Détournement de la démocratie parlementaire. Toutes ces expressions résument la communication mais aussi "l'art" de gouverner de Nicolas Sarkozy. Les Français s'en émeuvent ou en rient et les journalistes se frottent les mains. Que n'a-t-on dit, pourtant, sur l'habileté supposée d'un Sarkozy bon communicant! Mon propos ici est de faire sentir que ce pouvoir hyper incarné ne peut qu'engendrer confusions et déséquilibres. Laissons de côté les contingences (Un Sarkozy qui injurie, qui laisse parler ses nerfs, qui ne contrôle pas ses affects, car la gamme des dérapages est étonnamment étendue du "casse-toi pauvre con" au "coupable" envoyé à Villepin). Essayons d'étudier les raisons de cette étrange visibilité de gouvernance, atypique dans la France de la Ve République. Notons tout de même qu'en Italie, Berlusconi connaît les mêmes errances et on ne soulignera jamais assez combien Sarkozy ressemble psychologiquement au président du conseil italien. Les raisons de ces dérapages constants, donc. J'en isole 3.

1 - Sarkozy veut vivre son action sur une temporalité médiatique. J'agis donc je parle est son crédo. Cependant, les citoyens attentifs ont parfaitement compris l'imposture de ce système. Ils savent que le président parle pour convaincre et ils ont remarqué qu'il parle rarement a posteriori (pour expliciter) mais qu'il assène ses vérités a priori (pour être cité). La France semble avoir à sa tête quelqu'un qui croit à cet enfantillage du plaideur : je parle donc j'agis. Un renversement qui alimente les média et qui fragilise de manière catastrophique les messages. Et comme le temps médiatique est un temps de la rapidité, de l'absence de vérification, de l'éphémère, du buzz, il résume à lui seul le piège tendu au président. Pour exister, il doit communiquer, pour communiquer il doit convaincre, pour convaincre il doit parler avec les mots du peuple (qui sont aussi les siens, mais ne désespérons pas, Sarkozy lit Proust désormais!), et dans le feu de cette parole-action (et non de cette action-parole), il dérape.

2 - Sarkozy se veut le chef d'entreprise de la maison France. On dit qu'il applique des recettes de manager. Mais un manager fébrile, investi d'une mission trop imposante pour ses épaules. Car ce qui frappe l'observateur de cette gouvernance c'est qu'elle n'est pas pensée, hiérarchisée, planifiée. Tout réformer en même temps est le mot d'ordre. Je mettrais ma main au feu que Guéant et Sarkozy jouent à la réforme comme s'il s'agissait de "bon coups" stratégiques dont le menu varie à l'occasion. Revenons cependant à la temporalité qu'une telle posture suppose. Tout réformer en même temps, cela veut dire qu'il faut tout refaire et vite, qu'il n'existe qu'un seul temps, le présent, pour "agir" (le sarkozysme déteste l'histoire). Paradoxalement, cet entreprenariat volontariste n'a pas le sens de l'urgence puisqu'il n'a pas le sens de l'importance des mémoires. Un bon chef d'état, dit-on à Sciences-Po, est un homme qui fait du neuf avec l'histoire de son peuple. On perçoit alors le second piège linguistique qui se referme sur la communication hasardeuse de ce gouvernement : Sarkozy fonce pour réformer, et comme il réforme pour réformer, il assoit son discours simplificateur sur une immédiateté dont il voit, lui et lui seul, le profit. Or le langage est un instrument d'inscription dans l'histoire. En ignorant cela, en montrant que pour lui la parole échappe à ce que depuis Descartes on appelle la puissance de l'imagination, il dérape.


3 - Sarkozy se veut seul au pouvoir. L'hyper-présidence ne délègue pas. Mieux l'hyper-présidence institue le rythme à défaut d'approfondir une réflexion sur le bien commun. Les ministres se doivent d'être des clones d'un chef au fonctionnement provocateur et débridé. Certains y arrivent. Pas tous. Or le populisme sarkozien impulse une notion casse-gueule en politique : le parler vrai. Le dogme hilarant du parler vrai crispe la pauvre Christine Lagarde, on le sait, alors qu'il peut enchanter quelqu'un comme Nadine Morano. Lagarde, de ce fait, est plus intéressante que Morano, parce que ses gaffes à elle sont le signe d'une allégeance comportementale mal ficelée. Rappelons au passage que dans l'entourage de Nicolas Sarkozy nous ne relevons le nom d'aucun économiste patenté. Curieux en période de crise économique, non? La solitude du pouvoir, l'absence d'expertise non stratégique, l'obligation pour les "collaborateurs" d'être des bateleurs de seconde main, expliquent la cacophonie. Sarkozy aime tester l'opinion, il aime l'empoignade, il aime avoir le dernier mot. Dans cet exercice narcissique du pouvoir, parce qu'il ne fait pas confiance dans la parole de l'autre, parce qu'il veut tout contrôler mais aussi parce qu'il prétend qu'il sait parler vrai, il dérape.


on_devrait_plus_parler

Je viens de dire une connerie pour cacher ta connerie, ça te va?

Avide d'une petite conclusion? Hors gouvernement, l'ex député UMP Frédéric Lefebvre, à lui tout seul, est une sorte de symbole de la communication ratée du sarkozysme: approximations constantes, phrases malheureuses, conneries vaniteuses, mièvreries de courtisan, vide intellectuel. Sa dernière sortie pour défendre la bévue présidentielle concernant les "coupables" de Clearstream : "Les coupables sont toujours parmi les prévenus". Le moindre acquitté d'une cour de justice française doit apprécier! Au fait, comme naguère le fut Sarkozy, Lefebvre pourrait redevenir... avocat. Au secours!

Julie

Commentaires sur Pourquoi la gouvernance de la France est soumise aux dérapages

    Populisme et Inconsistance

    Comme souvent (désolé les amis, je me range ici dans la catégorie des fayots : fan de Julie un jour, fan de Julie toujours, et je salue David qui, perdu dans son camp de droate, doit me lire), je trouve votre analyse d'une absolue pertinence. Ce qui me frappe, c'est que le pouvoir sarkozyste, tel que vous le décrivez, fonctionne en circuit fermé. Il veut se montrer, affirmer sa présence (plutôt que sa science, évidement), il provoque et il dérape parce que son fantasme c'est de franchir les lignes, d'être un président total, ni de droate ni de gôche (j'ai bien appris votre orthographe, hein Julie?), un président NÉCESSAIRE parce que peu sectaire. Mais, sans le savoir, il devient inconsistant et ridicule. Ses interventions sont approximatives et populistes,il incarne une beaufitude proche de celle de G.W. Busch, le non-regretté, et tout le monde sait aujourd'hui que le volontarisme de Sarkozy est poudre aux yeux voire aveu d'impuissance. Lisant avec soin l'ancien Coming Oust (je suis un acharné), j'ai lu des analyses formidables sur les sondages concernant l'Omni-président. Julie peut-elle nous dire si Petit Garçon gagne des points dans sa bataille féroce contre les excès du capitalisme, contre le chômage, contre la crise?
    Moi aussi, Julie, je vous aime. Oh pardon, David, je suis confus. Vous ne devez pas fouetter de votre intelligence pleine de lectures de Léon Bloy mon corps de jeune fanatique... Pitié!

    Posté par konstantin, 26 septembre 2009 à 14:34 | | Répondre
  • Les courbes de Sarkozy font le tour de mon coeur

    Pour ceux qui sont inquiets de mon état mental, le titre de ce commentaire est une allusion au poète Paul Eluard (le chef de l'état,je vous rassure, n'en a jamais entendu parler. Et puis, on peut pas faire Proust et Eluard en même temps). Bref, ami Konstantin, je vais essayer de reprendre les courbes sondagières de Petit Garçon. Ce dont je suis certaine, c'est que Sarko ne bénéficie pas d'une remontée de popularité. Sarko n'a jamais été Angela Merkel ! Vous me donnez une idée pour fêter les 30 mois de Petit Garçon au pouvoir (en novembre si je sais compter). Merci.

    Posté par Julie, 26 septembre 2009 à 14:47 | | Répondre
  • Je dérape

    connasse!
    voilà, c'est dit!

    Posté par Rakoute, 27 septembre 2009 à 01:58 | | Répondre
  • Sous l'oeil des barbares

    Doit-on considérer l'intervention de Rakoute (sic !) comme le gaz malodorant d'un sarkozyste outragé … ?

    Voilà apparemment l'unique borborygme que peut produire pareil énergumène.

    Encore un qui n'a pas lu "La Princesse de Clèves" ...

    Posté par David, 27 septembre 2009 à 22:12 | | Répondre
  • Un blog pas pareil. Et puis tout à coup...

    J'aime ce blog parce que la profondeur y est légère, parce que les commentaires sont intelligents et courtois. Pourquoi Julie accepte-t-elle de se faire insulter?

    Posté par Abel, 28 septembre 2009 à 07:37 | | Répondre
  • A David et Abel : voudriez-vous que je me munisse d'une épée tranchante pour couper court à cela? Si oui, on me nommerait la Princesse du glaive...

    Posté par Julie, 28 septembre 2009 à 14:06 | | Répondre
  • Chapeau

    Je découvre ce Bloc-Notes.
    Chapeau.
    Bonne continuation,
    Bien cordialement,

    jf.

    Posté par Jacques, 28 septembre 2009 à 19:13 | | Répondre
  • Un nouveau ! Il s'appelle Jacques. Bonjour Jaaaaques !

    Je plaisante. Je vous adresse toute ma gratitude. Ici on plaisante, on s'insulte, mais on reste bons camarades. Camarade, c'est pas mal, hein, comme ligne éditoriale?

    Posté par Julie, 28 septembre 2009 à 19:42 | | Répondre
  • Avantageuses traditions

    Ma chère Julie, à destination de l'insulteur je préconiserais pour ma part ces pratiques anciennes que l'on n'aurait jamais dû abandonner, et que je regrette bien amèrement.

    Ce grossier personnage devrait être fouetté publiquement. 135 coups de fouet en place publique pour salaire de son outrecuidance. En cas de récidive, 10 ans de galère me sembleraient propres à le faire avantageusement méditer sur les nécessités de la bienséance dans une société civilisée. Toute autre infraction, même mineure, le conduirait au gibet, cette fois à l'avantage des oiseaux de proie et autres charognards à plumes, auxquels la société moderne ne songe hélas plus guère !

    Posté par David, 28 septembre 2009 à 21:34 | | Répondre
  • De l'oligarchie en général et en particulier

    Julie, vous savez combien j'aime votre fraîcheur et la douce illusion qui vous anime lorsque vous effleurez du bout de l'esprit les choses politiques. Votre vision du monde me fascine. Elle m'intrigue. Comment deux êtres si proches peuvent-ils être sujets à des visions du monde aussi radicalement différentes ? Comment deux amis réels, deux amants virtuels, peuvent-ils voir des situations aussi dissemblables dans ce qui ne devrait constituer qu'une seule et même réalité, objective et incontestable ?

    Nos différences de vues sont amusantes à souligner. Ainsi, quand vous parlez de "détournement de la démocratie parlementaire", j'aurais moi-même évoqué plus volontiers un "détournement parlementaire de la démocratie".

    Le système qui est affalé sur notre pays et qui opprime les consciences qu'il n'a pas réussi à subjuguer, est tout sauf démocratique. Notez que je ne m'en plains pas tant mon cœur se refroidit au contact de tout ce que la démagogie ambiante qualifie de "démocratique". Comme d'ailleurs de tous les remugles d'essence plus ou moins républicaine. Sur la plan purement scientifique, force m'est de vous déciller et de vous révéler que nous ne vivons pas dans une démocratie. D'ailleurs, une démocratie n'est pas compatible avec un système électoral majoritaire à deux tours. De plus, dans notre système, la voix n'appartient pas au peuple mais à une coterie qui a précisément confisqué la démocratie. Le Parlement est du reste l'un des instruments de cette confiscation. Le peuple n'est jamais consulté directement par référendum sur les grandes questions de société, comme si l'on s'effrayait pas avance des résultats que l'on en obtiendrait. Lorsque il l'est sur des questions constitutionnelles ou européennes, il s'agit soit de thèmes qui ne prêtent pas à conséquences, soit de situation que l'on saura juridiquement contourner si le corps électoral venait à émettre une décision "inattendue". En vérité, nous vivons plutôt dans un système oligarchique ou ploutocratique qui fait croire au peuple qu'il est le véritable souverain pour le flatter et dans l'unique but de le mieux manipuler.

    Je pense que la démocratie est une utopie qui ne peut fonctionner. Je reconnais en revanche que certains systèmes peuvent objectivement s'approcher de la démocratie. Le système helvétique est sans doute aujourd'hui le plus proche de la démocratie, selon la définition que les modernes lui ont donné.

    En France, l'état de fait que je décris ne résulte pas du choix d'un homme, mais d'une orientation politique extrêmement complexe qui se nourrit de traditions bicentenaires. Les systèmes oligarchiques ou ploutocratiques se marient toujours idéalement avec le totalitarisme idéologique qui sert de superstructure à leur maintien.

    Finalement, ce que je pourfends c'est davantage la tartufferie qui conduit à faire prendre une chose pour son contraire, que l'idée démocratique à laquelle je ne crois pas un seul instant.

    Posté par David, 28 septembre 2009 à 22:36 | | Répondre
  • Churchill

    Je suis loin, très loin, d'approuver le commentaire ci-dessus de David.
    Rappelons-nous:
    "La démocratie est un mauvais système, mais elle est le moins mauvais de tous les systèmes."
    Winston Churchill

    C'est très vrai et il savait de quoi il parlait l'homme au cigare.

    Et quand je vois mes concitoyens Français, mais aussi Européens, s'abstenir aux élections, je suis EFFARE!
    Dimanche dernier, ce sont DIX SEPT MILLIONS d'Allemands qui ne se sont pas rendus aux urnes.

    C'est ainsi qu'on met les dictatures sur les fonds baptismaux.
    Et ce jour-là, David n'aura plus le loisir de vaticiner sur "l'oligarchie"...malheureusement pour lui et...pour nous.

    jf.

    Posté par Jacques, 29 septembre 2009 à 15:36 | | Répondre
  • Le bel art de dédaigner l'indispensable

    A David : vous parlez de cette "coterie qui confisque la démocratie" et vous semblez imaginer un système de votation directe à la Suisse. Impensable dans le monde râleur d'une France éprise de laisser-aller. Oui, on ne va guère voter. On défile. On hausse les épaules. On lance des bons mots pour trouver la démocratie médiocre. C'est notre petit sport national... de privilégiés indisciplinés. Nous sommes loin de pouvoir nous obliger à cette conscience suisse qui fait de la "démocratie participative" le pivot du lien social !

    Posté par konstantin, 29 septembre 2009 à 20:27 | | Répondre
  • Le lion et les rats

    Konstantin, nous sommes finalement d'accord puisque vous venez confirmer par un développement fort pertinent qu'un authentique régime démocratique n'est pas possible en France. Alors, notre pays se contente d'un ersatz qui suffit aux belles consciences.

    Jacques, vous semblez prisonnier d'un système politique binaire, doté de deux satellites antagonistes : la démocratie et ce que notre époque appelle "la dictature" (qui est en réalité la tyrannie des Grecs). Cette vision manichéenne est savamment entretenue par l'idéologie contemporaine qui distille deux mensonges :

    Les systèmes occidentaux sont des démocraties
    En dehors de la démocratie, vous ne trouverez que chaînes et sang

    La distinction qui sous-tend cette approche est à mon sens d'inspiration judéo-chrétienne, et fait appel à ces couples antagonistes : le pur et l'impur / le bien et le mal. A ce titre, n'est-il pas fascinant qu'une époque aussi relativiste que la nôtre, soit aussi affirmative sur ces concepts ? Se laisser intellectuellement enfermer dans cette cage constitue un renoncement individuel à la liberté. C'est élire comme seules perspectives le décor que d'autres vous ont planté sous le nez. C'est admettre ce décor sans même se donner la peine d'aller voir ce qui se trouve derrière.

    Qu'est ce que la démocratie du point de vue des sciences politiques ? Répondre à cette question et analyser minutieusement les éléments de cette réponse conduisent à découvrir que la démocratie est un système que nous ne connaissons pas et que d'autres peuples, d'autres civilisations ont tenté d'instaurer avec plus ou moins de succès.

    Heureusement, les systèmes politiques inventés par les hommes ne tournent pas autour de ces deux extrémités que sont la démocratie et la dictature. D'autres systèmes ont eu cours et d'autres systèmes seront encore inventés par les hommes. Comme tous les systèmes, le nôtre s'effondrera dans une catastrophe sonore.

    Je ne crois guère aux citation généreuses sur la démocratie, surtout lorsqu'elles sont proférées par des oligarques qui vantent un régime dont ils jouissent. En l'occurrence, il faut rappeler le cynisme de Churchill qui, bien après la guerre, continuait de vanter le fascisme (qu'il avait d'ailleurs fort loué et admiré aux heures de son essor). La phrase que vous citait était probablement destiné à la propagande. Les mémoires des membres de l'entourage de Churchill sont instructifs à cet égard.

    Citation pour citation, je vous livrerai celle-ci, qui est de Voltaire (écrite à l'occasion des réformes de 1771 contre les Parlements) :

    "Pour moi, je crois que le roi a raison et, puisqu'il faut servir, je pense que mieux vaut le faire sous un lion de bonne maison et qui est né beaucoup plus fort que moi, que sous deux cents rats de mon espèce."

    Un jour, il viendra un temps, peut-être proche, où le progrès consistera à avoir dépassé le système actuel. Son masque arraché, on le dévisagera pour le trouver hideux. Peut-être accueillera t-on cette ère nouvelle comme une libération.

    Posté par David, 29 septembre 2009 à 22:54 | | Répondre
  • la démocratie, vaste merde ou modeste bourdaloue?

    N'avez-vous pas senti, David, dans ma dernière phrase, mais aussi dans le titre de mon commentaire, comme un fatalisme bienveillant? Que nous ne soyons guère capables, nous français, de prendre en main nos échanges, de fixer des débats par l'humilité du vote et par son expression majoritaire, que nous soyons donc incapables de nous passer de chef, de gloriole, de verbe ampoulé, et de simagrées quasi royales, cela est regrettable, mais cela est aussi très amusant. Et puisque vous citez, pour enfoncer Jacques, Voltaire qui croit à un élitisme très fleur de lys (sauf que vous devez savoir que Voltaire n'est guère un modèle de vertu intellectuelle quand il s'agit de sauver sa position de "philosophe" éclaireur du peuple, mais encore plus des grands), je me demande si notre démocratie médiocre d'aujourd'hui n'est pas surtout victime de notre volonté d'être grands. Les Suisses se sentent petits, modestes, ridicules, et ils font de cette simplicité, de ce complexe, une arme pour exercer avec transparence le gouvernement du bien public. Le seul problème des suisses est moral : leur majesté est banquière et elle les mine. Ne devrions-nous pas être plus modestes pour accéder au sérieux politique? C'est par les petites choses que les grandes se maintiennent, disait Bourdaloue.

    Posté par konstantin, 30 septembre 2009 à 21:02 | | Répondre
Nouveau commentaire