08 février 2010
Une analyse de Patrice Lamothe
Chers Advisionnaires (*),
Je suis une bonne fille. La preuve: je suis partageuse. Oui, je veux vous faire part d'un article judicieux trouvé sur Cratyle.net, le blog de Patrice Lamothe. Il analyse les traits sociaux de l'avancée technologique du web grâce à trois indices lexicaux : le visionnaire, l'évangéliste et la communauté. C'est fin, très clair et très utile pour ma petite secte de lecteurs !
Grâce à Saint Patrice, vous venez d'avaler votre première leçon de catéchisme. Joignons-nous les mains, mes chéri(e)s, et allons en paix. Vers la gloire éternelle. Un mot à ceux qui sont outrés par les propos de cette dissertation en 3 points : inutile d'écrire votre véhémence, par exemple, à Alain Finkielkraut, il ne saura répliquer : il est socialement improductif, il n'a pas internet!
Le coeur de Julie vous aime, vous transporte et vous sauve
Source : l'article en lecture intégrale (Cratyle.net)
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(*) Ce sont les lecteurs de ce blog, il y a peu, qui ont ici défini leurs propres noms. Je m'empresse de l'employer tout en ayant cette vague impression d'être une cheftenne à la démarche empesée, ronchon et mal épilée, qui planterait son drapeau sur un territoire hostile en criant "c'est notre terre, jeune gens, le monde est à nous et il n'a qu'à bien se tenir, amen, rompez!"
05 février 2010
le gobelet de Julie 7
La rubrique de ce blog intitulée "Le gobelet de Julie" recense des petites infos dont on parle peu.
Si vous ne connaissez pas la Vinflumine, c'est que vous n'habitez pas Poitiers! La Vinflumine est la molécule aux vertus anti-cancéreuses qu'une équipe du CNRS - Université de Poitiers a identifié en 1993 à partir d'une composante de la Pervenche de Madagascar. Grâce aux Laboratoires Pierre Fabre, partenaire pharmaceutique de cette recherche, un médicament anti-cancer, destiné à traiter les infections de la vessie va voir le jour très prochainement.
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Si vous ne connaissez pas l'obscur secrétaire d'état Dominique Bussereau, c'est que vous n'habitez pas la Région Poitou-Charentes. Car il est le funeste contradicteur, aux élections régionales, de Ségolène Royal. Le problème, c'est que, comme Georges Frêche, Bussereau se laisse aller à des réactions épidermiques et racistes : en mal d'arguments, le pitoyable Bussereau manie les stigmatisations éhontées : il déclare ainsi , faisant référence à l'ouverture au Modem que fait accepter la présidente : Royal "rassemble des harkis, hein, si vous me permettez l'expression. Des gens qui vont un peu dans cette affaire, parce qu'ils n'ont pas d'autres moyens d'être élus." Comme c'est délicat. Par cette simple déclaration, nous, les picto-charentais, on est assez fier d'avoir inventé le Georges Frêche du bassin atlantique. Imbécile, et même pas grandiloquent ! Georges Frêche peut-il lui donner des leçons, bonne mère?
Bussereau, le harki addict du pauvre
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Si vous ne connaissez pas Alain Dolium, c'est que vous ne votez pas en Ile-de-France. Tête de liste du MoDem (le parti qui accuse la plus considérable chute de popularité selon les premiers sondages des Régionales), Dolium est pourtant présenté comme le "Obama français" qui va créer la surprise : black et beau, mais surtout un self made man honnête et convaincu. Même Jacky Madja est séduit !
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Si vous aviez des doutes sur la stratégie " traversée du désert hexagonale" de Dominique Strauss-Kahn, un sondage CSA très instructif désigne désormais DSK comme l'homme qui peut écraser les prétentions de Sarkozy à briguer un second mandat. Notons que dans cette projection vers 2012, Villepin, crédité de 10% d'intentions de vote peut se considéter comme le fossoyeur du Nain de l'Elysée. Une revanche : l''aristocratie des idées contre les rodomondates du petit parvenu. Jouissif.
30 janvier 2010
Brigitte Fontaine invente mieux que le croc de boucher : la rape à nez
La chanteuse Brigitte Fontaine, a restauré, à sa manière, la tradition perdue des cartes d'anniversaire, et cela pour saluer les 65 ans de Papy Nicolas-Talonnette-Sarkozy. C'est vulgaire, c'est savoureux, c'est couillu : j'adore !
Rapeuse
Ré-écouter (source : Ouï FM) cet atroce moment de poésie contestataire :
http://www.absolubuzz.com/news-brigitte%20fontaine-1-1.html
Maintenant, on attend la réaction de Frédéric Lefebvre, ou pire, celle de Thierry Herzog, le si talentueux (!) avocat de Petit Garçon. Car, après tout, la mère Brigitte Fontaine va plus loin que Marie N'Diaye dans la détestation ontologique du président. Elle doit être méprisée, elle doit être punie, elle doit être villepinisée !
Une polémique devrait naître très vite , je l'attends, je la savoure à l'avance, je me montrerais fort marrie si elle n'éclatait pas. J'en appelle donc à la crinière médiatique et décervelée de notre Frédéric Lefebvre national : il doit intervenir, affirmer que Fontaine est folle, que Fontaine est irresponsable, ou, s'il lui prend de manquer d'inspiration, qu'elle est une artiste. Mais un sarkozyste sait-il ce que représente une artiste?
Polémiquer ou laisser faire? Grimacer quelques mots ou se résoudre à l'indifférence?
Ô être conventionnel et lisse, tu t'apprêtes, je le suppose, à faire grossir devant les micros ta colère made in UMP avec force battements de cils outrés, mais qu'est-ce que ta colère? Pas même une syllabe avortée de Sainte Brigitte comédienne et fakir. Pas même un mouvement millimétré de cet outil révolutionnaire qu'est la Rape à nez ! Pas même une lamelle de la fouchette gratteuse de cul. Alors tais-toi, crinière, tais-toi.
Samuel Beckett affirmait que "chaque mot est une souillure inutile du silence et du néant". Quand Frédéric Lefebvre parle, il souille. Quand Brigitte Fontaine éructe, elle disgrace.
21 janvier 2010
Longue crispation, et, enfin, quelques grammes de petitesse
Savez-vous que je commence à être plus à l'aise face aux cloches de l"actualité? Plus libérée. Plus déconneuse. Faut que je vous dise: moi, je sais pas si c'est un syndrome d'apitoiement universaliste, dès qu'il y a une catastrophe type désastre de Lisbonne, je me sens au minimum Voltaire. Pour tout vous dire, je me suis enfermée dans ma petite conscience de fille riche face au séisme en Haïti. Une crispation devant les cris, les pleurs, une émotion recevant des traces de dignité (la dignité ça m'impressionne toujours) et une larme à l'oeil devant la souffrance. Et puis ce soir, je me rends compte que le gros titre des infos ne se focalise plus sur l'île dévastée mais parle d'un certain Proglio, pacsé avec Sarkozy lors des festivités du Fouquet's, je comprends qu'on ricane sur Christine Lagarde et qu'on tape encore sur Petit Garçon, président de la France-qui-s'la-pète, récidiviste. Voilà. A nouveau je suis dans mon élément.
Je sais, ce blog est incapable de déployer une envergure critique face aux événements internationaux, je ne suis pas Bernard Guetta.
Certes, pendant ces quelques jours de silence, ces premiers jours de 2010, Frédéric Lefebvre a certainement proféré 28 conneries à la minute, certes l'éminent Patrick Balkany a sorti un livre de mémoire plein de sperme (dont une giclée pour Brigitte Bardot, une information de première bourre!), certes Brice Hortefeux a assuré sans rire que l'insécurité reculait parce qu'au réveillon de la saint Sylvestre, en comparaison avec le comptage précédent, 10 voitures de moins avaient échappé aux flammes, certes Vincent Peillon n'a pas voulu discuter avec Marine Le Pen et a tiré la langue à Arlette Chabot, mais tout cela, même le sperme de Balkany sur Brigitte Bardot, tout cela m'a paru dérisoire face au malheur des haïtiens.
Immortaliser le petit oiseau de Balkany
Mais c'était hier. Je sens que la petitesse reprend le dessus, je la sens s'insinuer dans les préoccupations françaises, je frétille à l'idée de noter les glaiseuses polémiques qui vont reprendre le dessus chez les concepteurs d'information pré-machée et chez nos politiques rase-motte. C'est le charme de ce régime : on bavarde au lieu d'agir, on s'oppose au lieu de construire, on s'agite au lieu de concevoir. Impatience sans conscience n'est que ruine de l'âme. Telle devrait être la devise de Sarkozy. Et les improvisations de ce branle ne peuvent que faire le bonheur d'un blog futile et branleur comme le mien.
Allez les petites bites, on y va. Essayez de faire trembler votre globe terraqué qu'on rigole. Je suis là.
02 janvier 2010
Les inefficacités et les ratages de la France de Sarkozy : bilan
Je suis désolée ne pas écrire souvent sur ce blog. Les semaines passent et le sentiment que les choses belles et graves, belles et justes, belles et enthousiasmantes, se font en dehors du prisme collectif, de la parole dispersée, de l'écho public, m'étreint avec force. Pourtant, je souhaite ici une bonne année, une année légère, aux amis fidèles de L'Advision Julie.
On m'a dit que Petit garçon, président de la République Française, avait prononcé cette phrase lors de ses voeux télévisés: "Ensemble, nous avons évité le pire".
Nous sommes loin des slogans naïfs de sa campagne électorale : Ensemble, tout est possible! La vertu de la crise économique mondiale, dont nous avons peine à sortir, nous aura appris, entre autres, que Sarkozy est inefficace. Il serait terrible de lister les décisions ou les lois qui se soldent, depuis mai 2007, par des fiasco alarmants. Faisons tout de même ce constat pénible :
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la loi TEPA (bouclier fiscal visant à permettre de libérer la croissance) a échoué dans ses intentions.
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la défiscalisation des heures supplémentaires n'a jamais vraiment fonctionné.
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la loi dite du "droit au logement opposable" est largement en panne, faute de moyens.
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la loi contre les rassemblements agressifs dans les halls d'immeuble n'a été qu'un effet d'annonce.
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le plan marshall des banlieues promu par Fadela Hamara n'a jamais existé.
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Les nombreuses lois sécuritaires depuis 2005 n'ont servi à rien .
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la loi sur le travail du dimanche n'a créé aucun élan économique.< /span>
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la réduction de la TVA sur la restauration à 5.5% a été mal accompagnée et est vécu par les consommateurs comme une arnaque généralisée.
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la lutte contre l'évasion fiscale se solde par un dérisoire bilan.
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la réforme du lycée est une réformette, d'ailleurs insatisfaisante (on est loin de la fameuse « refondation » initiale).
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la loi Hadopi semble peu applicable.
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le projet du "Grand Paris" devient, au fil des incompétences, un simple projet de ligne de métro.
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La loi sur le service minimum se montre inefficace (les grèves récentes du RER A montrent que le service minimum permet de "faire durer" la grève)
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la suppression de la taxe professionnelle (réforme des collectivités territoriales) a été catastrophiquement improvisée.
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la création de Pôle Emploi (fusion ANPE / UNEDIC) s'est faite dans la douleur : il semble qu'un chômeur est bien plus mal accompagné aujourd'hui que naguère !
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les effets de manche du président attaquant le système bancaire ne peuvent que tomber à l'eau : l'état endetté a besoin des banques, donc de ses créanciers!
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le rapprochement de la France avec l'ONU semble peu bénéfique, au point que la délégation française à Copenhague a affirmé que l'échec du sommet Climat était du aux vieilles institutions protectionnistes type ONU ! CQFD...
Rappelons aussi que :
- 178 tribunaux d'instance sur 473, compétents pour les litiges de voisinage, les affaires de sur-endettement ou de tutelles, ferment leurs portes : la justice de proximité n'existe plus.
- 54 000 postes ont été supprimés dans les armées.
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le budget du logement est en baisse de 7% et les aides à la construction des HLM de 30% en 2009.
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la re-centralisation prévue par la future loi empêchera, de toute évidence, les collectivités territoriales de se développer.
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les économistes prévoit un échec économique du fameux grand emprunt national tant on va éparpiller sa destination.
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la taxe carbone vient d'être jugée par le Conseil Constitutionnel injuste et inefficace.
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le débat sur l'identité nationale est une aberration inutile.
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le dossier vaccination grippe A a été mal géré : la frappante défiance vis-à-vis de l'expertise gouvernementale fait qu'à ce jour seulement 7% des français sont vaccinés.
et puis, plus anecdotiquement, notons que :
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la faiblesse du pouvoir législatif en France n'a pas été érodée par la pratique narcissique de l'exécutif !
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la valse hésitation conceptuelle que met ce pouvoir pour créer artificiellement de la rupture (entre promotion du communautarisme et valeurs nationales) rend ridicules toutes ses prises de position.
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le gouvernement par les sondages est un aveu de faiblesse.
Je vous assure, je ne veux pas vous pousser au suicide tout de suite. N'oubliez pas qu'il y a plus important dans la vie : se balader main dans la main avec une personne qu'on aime, caresser la tête d'un chat, déboucher une bouteille de Saint-Emilion (un château Dassault par exemple) ou écouter le dernier disque de Mika.
04 décembre 2009
Sommet de Copenhague : nos ailes de géant nous empêchent de...
Malgré le consensus de façade qui préside à l'élaboration de la rencontre de Copenhague, les experts (écologistes et économistes) semblent de plus en plus pessimistes sur les chances d'aboutir à un sursaut de grande envergure. Ce que traduit une campagne d'affichage de Greenpeace. Elle se veut une alerte aux principaux chefs d'état (l'affiche qui représente Merkel est particulièrement réussie) qui se réuniront dans quelques jours. Je reproduis ici celle qui concerne le petit agité français. Car nul doute que Petit Garçon sortira de Copenhague en criant, tout joyeux, les chevilles enflées par ses talonnettes de Matamore, que grâce à lui la planète est désormais sauvée!
Pardon le monde. Je croyais qu'il suffisait de dire pour faire...
17 novembre 2009
Le cas Ségolène Royal
Ségolène Royal se montre un cas à part dans le paysage politique de la Ve République. Sa trajectoire est atypique et son comportement souvent incompréhensible parce qu'elle illustre une démarche peu commune. Son engagement, apparemment apprécié dans la Région qu'elle préside (rigueur budgétaire, positionnements clairs et justifiés, innovations, stimulation intellectuelle des forces vives) est souvent brouillon et scandaleux sur le plan national. Elle donne d'elle même une caricature faite de force et de naïveté qui la fait passer pour une provocatrice ou, pire, pour une fanatique déjantée. Elle étonne, elle irrite, elle détonne. Elle est sans doute la personnalité la plus politiquement incorrecte du paysage présidentiable actuel. En cela, je suis d'accord avec Vincent Peillon qui déclare, en colère, après le clash de Dijon : «Ségolène Royal ne pourra pas nous faire gagner en 2012. Elle s'est disqualifiée».
Au moment où les médias nous apprennent que Royal, réactive, écarte Vincent Peillon, grand homme de talent, de son courant, il convient peut-être de tracer un bilan de l'action politique et des particularités psycho-idéologiques de Ségolène Royal.
1) Royal est une femme d'ordre qui aime le désordre. Au nom des valeurs qu'elle défend, elle ose troubler la donne pour fonder un discours fait de paradoxes. Par exemple, sur l'identité nationale, elle prône une sorte d'infaillibilité des transmissions tout en permettant que toute initiative iconoclaste puisse se loger dans le grand vivre ensemble qu'elle idéalise sous le nom de "fraternité". Elle semble de jamais transiger sur la notion de bien collectif pour faire triompher la cohésion sociale. Elle a sans doute appris de Mitterrand que la complexité gagne à être le moteur de l'action politique, elle a sans doute aussi perçu que la longévité incompréhensible d'un François Hollande à la tête du grand parti de la gauche s'expliquait par un immobilisme structurel et langagier. Elle a acquis de l'un l'envie de fasciner, elle a acquis de l'autre, a contrario, le désir d'être en mouvement et de créer sa propre langue de communication.
2) Royal est une instinctive qui joue de ses insuffisances. Certes
elle est énarque, certes elle eut une expérience gouvernementale, mais
elle n'offre pas un CV éblouissant. La France, pourtant assez avide de panache,
lui a permis d'être la seule femme présente à un second tour d'élection
présidentielle de toute l'histoire de notre démocratie élective. En
cela, elle est déjà entrée dans l'Histoire. A cette occasion, elle a
entretenu un rapport immédiat avec un peuple de gauche populaire, ce que jamais n'avait pu réussir à faire un Delors, un Jospin, un Strauss-Kahn. Royal, actuellement, semble vivre les dernières heures de ce lien fort avec le peuple. Elle se bat mais tout cela s'effrite...
3) Royal est l'archétype des innovateurs précoces. Elle capte avec force les besoins d'une société cloisonnée et avide de participation. Sa vision d'une démocratie directe, des débats participatifs, s'est imposée dans les structures locales avec une étonnante évidence. Malgré le centralisme de cour du pouvoir sarkozyste actuel, elle a permis que s'impose partout une autre voie qui, largement exploitée, peut faire penser que gouverner est affaire d'écoute et de décision ferme plutôt que de calculs fondés sur de vagues opinions sondées.
Somme toute, ces trois traits de caractère expliquent l'irritation qu'on peut avoir face à cette femme imprévisible et narcissique. J'imagine que l'on peut souhaiter pour 2012 qu'une personnalité socialiste conduise la contradiction face à un Sarkozy tout aussi imprévisible et narcissique que l'est Royal (il aura également avec lui d'avoir conduit la France dans une terrible voie sans issue), un socialiste moins enfermé dans les contradictions d'une nature complexe et avide d'avoir raison.

Dois-je te dire merci, Ségolène?
Et si, dans la guerre Peillon - Royal qui s'amorce sous nos yeux, Vincent Peillon, philosophe de formation, arrivait à acquérir la sagesse retrouvée d'un PS enfin incarné?
11 novembre 2009
Sarkozy ou le petit coït
En débattant des questions du moment avec mes amis proches, je suis arrivée, dans le feu de l'action verbale, dans une soirée d'anniversaire avinée, à affirmer que la meilleure contestation du sarkozysme était l'indifférence. Cet homme qui veut être au cœur de l'humanité qui bouge, et qui veut surtout être un acteur de premier plan d'une politique planétaire (au point qu'il peut mentir en affirmant avoir vécu la chute du mur de Berlin - ô vanité infantile, que de contre-vérités n'ai-je formulé en ton nom? - ou qu'il croit pouvoir réformer le capitalisme international à lui tout seul), cet homme donc, a un plan de communication éprouvé qu'on peut résumer par une effroyable réminiscence des temps journalistes anciens : je suis partout!

Angela Merkel : une vie sans talonnettes
Julie, qui aime le débat plus que de raison (ne pas parler est une forme de mort), arrive donc à formuler l'idée qu'on ne doit pas répondre à ce chef de l'état inepte qui croit exister par de petits coïts mentaux hebdomadaires. Le bouclier fiscal? Allez, on le dit : on s'en fout ! Le grand emprunt? Ni chaud ni froid ! Le débat sur l'identité nationale? Rien à battre ! L'amitié franco-allemande revivifiée par la venue de la Merkel sous l'Arc de Triomphe, ce 11 novembre, quel intérêt? Le népotisme envers fiston Jean, puis envers fiston Pierre? Si ça lui fait plaisir au vieux...
Bref, dire que Sarkozy n'existe pas devrait nous faire un bien fou. Ma méthode de l'indifférence parfaite conduira les décennies qui suivront cette catastrophe gouvernementale (prions qu'elle ne dure que 5 ans!) à réagir avec étonnement à un journaliste avide de jugement sur cette période sans envergure de notre histoire : Sarkozy? C'est qui Sarkozy? Un petit mec qui montait sur des estrades pour faire des discours vides? Un narcissique ridicule qui disait aux français "Casse-toi pauvre con"? Je vois vaguement. Il a été président avant ou après Mitterrand?
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Sources des allusions de ce post : Imhotep (article Agora Vox) - Julien Mielcarek (article Ozap)
04 novembre 2009
Du désastre
«J'ai connu une époque où l'identité nationale était le seul principe concevable des relations entre les États. On sait quels désastres en résultèrent.»
Claude Lévi-Strauss
03 novembre 2009
Sarkozy, l'homme qui n'a rien à dire
Depuis que Yann Barthès a révélé sur Canal+ que Sarkozy avait tendance à se répéter (discours aux agriculteurs), ces cochons de commentateurs ont leur verve toute dressée.
Je vous recommande de lire avec attention l'article du blog BienBienBien qui fait une synthèse du système Sarkozy par l'exemple. Éclairant.
Voilà donc deux ans et demi que Petit Garçon, président de la France d'après, nous fait le coup. Il répète des trucs pour se faire plaisir. Vous allez me dire : comment se fait-il qu'on soit si peu attentif aux discours d'un chef d'état au point qu'aucun journaliste n'ait remarqué cette grossière manœuvre avant? Pardi, Petit Garçon il parle mais personne ne l'écoute. Personne. On se dit : bah, il n'a rien à dire, il fait comme d'habitude, une vague campagne électorale, de ville en ville, pour s'agiter.
Car voilà. La France a à sa tête un type qui s'amuse à faire quatre, cinq, six fois le même discours, et tout le monde s'en fout. C'est une petite machine auto-reverse. Un coup d'épaule par ci, un haussement de talonnettes par là, et des phrases mal construites et très simples qui fusent et qui se perdent. Les nègres de Petit Garçon ne se fatiguent plus : ils ont compris. Pourquoi écrire une parole présidentielle puisque nous n'avons pas de président ! Rien qu'un truc qui parle tout le temps. Un perroquet. Une machine. Un coq de village. Un mange disques. Un ressort. Un rien.
Source : "Sarkozy est vraiment le roi du copier coller" (Vincent Glad)















