24 août 2010

Un été politique fort comique

Je vous le dis : le monde politique français est si détraqué qu'il ne peut que provoquer des crises d'hilarité. L'été qui s'achève fut particulièrement riche en rodomontades, en troubles verbeux et en assauts chevaleresques pour que je m'attarde un peu sur mes propres rires.

Tout d'abord, cette expulsion des Roms, certes dramatique mais ô combien symbolique des improvisations sarkozystes, a enflammé la droite plus que la gauche. Dominique de Villepin, Christine Boutin, François Bayrou, les évêques et même, dit-on, le Pape, ont condamné l'affaire au nom des valeurs humanistes et chrétiennes. L'objectif avoué du Château était de reconquérir les voix du Front National qui foutaient le camp mais pas de créer une hémoragie vertueuse chez les bien-pensants. Mal calculé. L'UMP s'émeut, les chevaliers chrétiens prennent leurs armes, et François Fillon, honteux, se tait. La gauche, qui a compris depuis quelques mois qu'on ne devait pas répondre aux coups bas du petit stratège à Rolex, a peu bougé, à part un Montebourg sans importance et un Mélenchon capable de se faire tout miel, tout oecuménique. Ce dernier, laïcard rouspéteur, s'est soudain trouvé des terrains communs avec les cathos qu'il déteste le reste de l'année. "Je n'ai jamais été hostile au fait que les religieux s'expriment" a sussuré benoîtement le leader du Parti de Gauche. Crise de rire.

Je veux aborder rapidement un second sujet de joie qui tient encore aux improvisations du petit machin qui gouverne. Le remaniement d'octobre. Avez-vous vu la mine angoissée des ministres avant et pendant leurs vacances? Ils se disent tous: vais-je en être? Certes, c'est la première fois dans l'histoire de la Ve République, qu'un remaniement est annoncé 4 mois avant sa mise en chantier, mais le fait du Prince est si important dans ce petit monde aliéné que chacun a peur au point de se griser de surenchères gaffeuses. Sur ce terrain de la connerie (qui rime avec flatterie), Estrosi fut le premier de la classe.

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A quand les lunettes vertes?

Enfin, la France vient de se doter d'une nouvelle Jeanne d'Arc : Eva Joly. Moi je l'aime bien, Eva. C'est un peu notre Barak Obama hexagonal : comme lui naguère, elle est peu connue, inexpérimentée en politique, intellectuelle, digne de respect, ambitieuse et le contraire exact de celui qu'elle combat à la Présidence de la République. Oui Obama était l'anti Bush, Eva Joly est l'anti Sarko, digne, clairvoyante et doucement... droite. Son petit accent est une sorte de nouvelle couleur de peau. Elle est astucieuse, pas vrai, la Julie quand elle caresse le parallèle? Mon rire vient du fait qu'elle a su conquérir, elle qui a un vernis écologiste tout récent, un parti fortement militant au mauvais sens du terme, c'est-à-dire peu capable de se laisser séduire. Elle est très forte. Forte et chanceuse si l'on compare le cru Eva 2010 au vin de table Ségolène 2007. Elle va faire du dégat à gauche, je vous le dis. Là mon rire est moins éclatant. Faudrait pas qu'elle devienne une empêcheuse de faire gagner le PS, ce serait ballot!

Bref j'ai bien ri. Et vous?

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Commentaires sur Un été politique fort comique

    Jhesus Maria

    Votre billet est très joli, chère Julie. Frais et amusant, comme vous.

    Un détail cependant. Votre Jeanne d'Arc me paraît un peu fripée et défraîchie si on veut la comparer à la Pucelle, qui monta sur le bûcher vers l'âge de 19 ans.

    Posté par David, 25 août 2010 à 21:31 | | Répondre
  • La vieillesse n'est plus un naufrage

    Fripée mais sans talonettes.

    Posté par Konstantin, 26 août 2010 à 20:10 | | Répondre
  • HIC

    Moi je veux bien que le PS vire au vert
    Peu importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse (sans les gueules de bois sempiternelles)et surtout que l'actuel P et sa cour pointent au "pôle emploi" ou mieux: rament dans le triangle des bermudes ou en enfer. (Vont pas hésiter...direct aux Bermudes !)

    Posté par serpico, 27 août 2010 à 19:56 | | Répondre
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