10 mai 2010

Je suis soulagée

C'est vrai, je me sens mieux. Car je viens de lire le livre d'enquête politique de Raphaëlle Bacqué, vous savez la seule journaliste du Monde qui passe à la télé, la spécialiste des dessous du pouvoir, la Catherine Nay intello (en plus jeune, en plus sauvage), la madonne des équilibres institutionnels, l'égérie de ceux qui aiment la demie seconde de silence au moment de prendre la parole ce qui lui donne un charme fou. Ouiiii LA Raphaëlle Bacqué ! Elle signe un bouquin sur la fin de vie tragique de François de Grossouvre, le gardien du secret Mazarine sous Mitterrand, l'amoureux déçu des coups de Jarnac, le proche désavoué, le suicidé du second septennat socialiste. Oui je suis soulagée car Raphaëlle, en bonne enquêtrice du Monde, révèle la vérité et clot les rumeurs : ainsi donc Grossouvre n'aurait pas été assassiné par Mitterrand ! Ouf ! Moi ça fait des quinquennats que je me pose cette question cruciale : Assassinat? Ou pas? A côté, la rumeur des clapotis de spermatozoïdes du couple Carla - Nicolas, c'est triste comme un jour sans suicide chez France Télécom!

Oui, je suis soulagée. Cette lecture a rassuré ma petite âme militante, elle a ré-activé ma croyance en la sainteté de ce président ! C'est tout revigorant pour mon petit corps de fille de gôche !

bacque_raphaelle_dans_un_taxi___Milan_juin_2008

Bacqué cadeau

Comment ça vous me trouvez ironique? Ce billet vous paraît donc un peu distancié, un peu ricaneur? Que nenni ! Moi, fille de gôche, je milite pour la probité des hommes de pouvoir, je mets sur un piédestal les hommes nobles, sans tache, sans ambiguités, sans salissures, sans bassesses d'instinct. Quoi Strauss-Kahn, et pourquoi vous me parlez de Strauss-Kahn tout à coup?

 

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Commentaires sur Je suis soulagée

    Somptueux

    J'aime énormément votre humour Julie. Encore une fois !

    Posté par Abel, 10 mai 2010 à 22:30 | | Répondre
  • Sans papier ...

    Encore un livre pour ne rien dire ! Cette journaliste, si formidable, n'a t-elle pas d'autres sujets plus sérieux à traiter ?

    Pourquoi les "bobos" des salles de rédaction, qui donnent dans le credo du développement durable, ne prennent-ils pas l'engagement de cesser de publier ? Eh oui ! Moins d'ouvrages = moins de papier consommé = moins d'arbres coupés = la forêt préservée = le développement durable assuré ! Et l'esprit préservé ! Et les jolis yeux de ma Julie reposés !

    Posté par David, 11 mai 2010 à 20:51 | | Répondre
  • Pro clitoré!

    Comme quoi on peut-être gôche et très adroite avec les mots!
    La reine de la probité, à savoir sainte Ségolène, aurait-elle plus tes faveurs?

    @++
    Sousou - "Hard caustique" de la politique

    Posté par Sousou, 12 mai 2010 à 20:54 | | Répondre
  • A David : Mais j'ai besoin d'avoir des paillettes dans les yeux ! Vive le journalisme sexy (même si en matière de symbole sexuel, y'a mieux que Raphaëlle B. !)

    A Sousou : J'ai rangé Ségolène sur la cheminée de mon salon avec des petites lumières clignotantes, une grande auréole en plastique et des bougies multicolores comme on en voit dans les films d'Almodovar. Eh Eh...

    Posté par Julie, 13 mai 2010 à 09:46 | | Répondre
  • Méfiez vous des gloires médiatiques !

    Je fais suivre la mise au point d'un des fils de François de Grossouvre à l'adresse de la journaliste Bacqué, à propos de son livre "de commande". Un travail apparemment "bacqlé" ! Moi, si j'étais l'éditeur, je ne paierai pas !

    "Madame,

    Vous avez publié un livre sur mon père, "Le dernier mort de François Mitterrand". Je tiens à faire la lumière sur vos méthodes de travail et rappeler quelques faits que vous avez omis.

    Votre livre, dont vous ne cachez pas qu'il est une «commande» (sic) semble répondre au travail du journaliste d'investigation Éric Raynaud publié en mars 2009 et qui concluait, quant à lui, à un assassinat.

    Vous affirmez avoir rencontré la famille de François de Grossouvre et avoir mené une enquête. C'est faux. Vous avez exclusivement rencontré un seul des six enfants, mon frère aîné, à qui vous avez avoué lors de votre unique entrevue que la rédaction de votre ouvrage était alors déjà quasiment terminée. Et pour obtenir l'entretien formel avec l'unique membre de la famille que vous avez vu, vous avez osé mentir sur l'objet de votre visite en affirmant que vous prépariez un livre sur la vie de mon père alors que vous n'êtes intéressée que par sa mort, que vous utilisez vilement pour vendre votre travail.

    Vous concluez à un suicide alors que vous n'apportez dans votre livre aucune preuve ni aucun élément nouveau au dossier. Votre travail n'obéit à aucune rigueur méthodologique, ne cite pas ses sources et noie la chronologie et les informations dans un flou artistique. Les années à l'Élysée ne représentent qu'une part marginale dans la vie passionnante de mon père, qui fut avant tout un patriote, un homme d'action et un industriel réussissant tout ce qu'il entreprenait.

    Vous n'avez pas voulu non plus rencontrer les proches de mon père dont vous aviez les coordonnées, proches pourtant bien informés, comme Alain Mérieux ou le général Durand, mais dont les informations allaient en sens contraire de la thèse que vous aviez décidé par avance de défendre. Vous «oubliez » bien sûr aussi de mentionner les conclusions sans appel de l'expert en balistique Marc Péchenart qui avait eu accès aux dossiers de l'Institut médico-légal.

    Tout au long de votre livre, vous vous laissez aller à une fiction romanesque déplacée et incompatible avec une enquête sérieuse. Le seul élément nouveau que vous apportez maladroitement, ne va malheureusement pas dans le sens de la thèse que vous défendez. Vous insistez sur la troublante présence de Michel Charasse sur les lieux du drame. Charasse, on le sait, avec la complicité du président Mitterrand, orchestrera immédiatement la «communication élyséenne» et fera disparaître les papiers personnels accessibles de mon père. Or il était connu que mon père et Charasse étaient en conflit ouvert depuis plusieurs années et que, durant les mois qui ont précédé la mort de mon père, Charasse essayait en vain de récupérer le manuscrit de ses mémoires».

    Henri de Grossouvre

    Posté par David, 29 mai 2010 à 09:09 | | Répondre
  • De la méfiance

    Certes, David. Mais je me méfie tout autant de la parole d'un fils sur son père. Et ma pratique professionnelle me le montre chaque jour...

    Posté par Julie, 31 mai 2010 à 07:35 | | Répondre
  • Jalousie sans fard

    Ici, Julie, le jugement d'un fils sur son père est moins intéressant que la révélation (factuelle) des pratiques assez peu scientifiques de votre égérie !

    Ohhhhh, mais la jalousie m'égare !!!!!!!

    Posté par David, 31 mai 2010 à 21:19 | | Répondre
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