23 février 2010

Ali Soumaré : ses fautes, son talent

Vous savez que l'UMP, en Ile de France, orchestre actuellement une campagne de lynchage médiatique contre la tête de liste PS aux Régionales, un gars pas tout blanc tout blanc, au point même qu'il est black, au point même qu'il s'appelle Ali Soumaré. Ce garçon, dit-on, possède un casier judiciaire chargé : 5 affaires embarrassantes, effrayantes, affolantes. Ali Soumaré, sans doute étonné par la virulence politique de ses adversaires, a tardé a s'expliquer.

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Mal parti, bien parti

Il dresse aujourd'hui un tableau clair de son passé qui fut le fruit de cette déshérance d'un jeune gars des banlieues qui depuis a payé: des erreurs de jeunesse qu'il reconnaît et qui sont prescrites. Une vie d'adulte affermi par une prise de conscience citoyenne. Il évoque à mots couverts une affaire qui n'est pas encore jugée. Rien de bien grave puisque le dernier dossier est une affaire d' "outrage à agent".

Si nous épluchions les démélés judiciaires d'un Johnny Halliday ou d'un Gérard Depardieu (modèles de vigueur grande-gueulesque d'un sarkozysme émerveillé par les stars), les citoyens français seraient étonnés de voir la collection de ce genre de petits délits qui fleurissent dès qu'on s'oppose à un agent assermenté.

Restons dans la politique. Inutile de dire que les casiers de Balkany, de Santini, de Vanneste, de Fournier, "excellents" hommes de droite, ou de Huchon, excellent homme de gauche, bruissent d'affaires un peu sales. Mais Ali Soumaré est un jeune des banlieues, une sorte de Rachida Dati du pauvre qui fut méritant à l'école de la vie plutôt qu'à l'école de la falsification de diplômes mal achevés. Mais laissons Rachida Dati.

J'ai écouté ce matin, à la radio, les explications sobres et sereines d'Ali Soumaré. J'ai aussi lu, depuis, que Mme la procureure Marie-Thérèse de Givry expliquait que l'UMP avait fait une grossière erreur en attribuant au candidat PS l'une des affaires de ce casier qui appartenait, en fait, à un homonyme ! Je conseille à Valérie Pécresse de donner une paire de baffe à ses indics ou de s'acheter une couche Confiance qui la garantirait de ces "fuites" nauséabondes.

Peut-être, Ali Soumaré n'est-il pas l'homme politique lisse qu'on voudrait saluer par quatre poignées de main. Peut-être a-t-il fait des conneries imbéciles et condamnables. Comme la plupart des français, Julie a tendance à excuser la faiblesse des hommes : celle d'un André Santini qui attend les investigations complémentaires dans sa petite affaire glauque de "prise d'intérêt" et de "détournements de fonds publics" comme celle d'Ali Soumaré. La faiblesse humaine, en outre, ne se mesure pas de la même façon pour tous les hommes : j'ai 29 ans et il y a dix ans j'ai fait des conneries - Villiers-Le-Bel (France) -, j'ai actuellement 69 ans et je bénéficie de la clémence étonnante de la Chambre d'instruction de Versailles (France). Je carresse de ma clémence le col de l'un et de l'autre...

Tiens, pour finir, un truc amusant : Ali Soumaré, dans son interview de ce matin, m'a paru, sur le plan rhétorique, pointu et au-dessus de la polémique, au point que j'ai cru entendre des accents de sincérité à la Dominique de Villepin ! Ce fut pour moi très étonnant : il a un vrai talent ce type, me suis-je dit dans ma petite tête de fille futée...

 

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Posté par Advision Julie à 17:27 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires sur Ali Soumaré : ses fautes, son talent

    Intégrité? Intégration?

    Si j'étais bien pensant, voici ce que je dirais : Soumaré (que je connais évidemment mal) commence comme ses aînés finissent. Allez, un homme politique comme les autres, qui apprend, à l'issue de cette affaire, à se défendre avec une joile langue de bois. Est-il coupable qu'il l'est peu ! Ah ah! Cependant je suis sensible au parallèle implicite que fait Julie entre une Rachida Dati qui écrase autrui à force de prétention et de caprice et ce jeune homme qui doit payer l'image Villiers-Le-Bel. Deux modèles d'intégration, en somme...

    Posté par Konstantin, 23 février 2010 à 21:41 | | Répondre
  • La morale de l'histoire

    Il est temps que je revienne un peu contrecarrer le gauchisme triomphant de Julie. Les périodes électorales inspirent toujours notre héroïne. Ces circonstances tendent même à émoustiller son esprit pétillant, au point de faire chavirer sa raison.

    Il me paraît bien regrettable qu'en France, la moralité ne constitue plus le premier étalon pour juger de la capacité des hommes publics à assumer des responsabilités politiques. La putréfaction intellectuelle qui ronge jusqu'à l'esprit borné de ces invertébrés que l'on nomme des citoyens, a rendu cet étalon totalement obsolète, voire anachronique. Plus qu'à la nullité des hommes publics, il faut s'en prendre à l'indicible veulerie de citoyens qui ont perdu tout repère, et qui ne savent plus distinguer le bien du mal, l'honnête homme de la crapule. Pire, l'homme peu recommandable, le margoulin, l'aigrefin politique (de tous les bords et quel que soit sont forfait présent, passé et à venir) semblent bénéficier de la molle indulgence de ces pauvres types qui, sur commande, vont plonger leur bulletin minable dans l'urne triste d'un système convenu.

    J'appartiens sans doute à un autre temps. Je suis égaré dans un siècle misérable où la morale personnelle fait rigoler la foule des imbéciles d'un rire qui est aussi gras que leur conscience est déliquescente. Cette plèbe d'esclaves à qui l'on a fait croire qu'ils étaient des maîtres, est bien digne de ses chefs. Les uns répondent aux autres dans un accord parfait et sous un ciel de décadence qui semble stimuler leurs échanges pathétiques.

    Regardez cette sotte campagne électorale ! Mesurez le niveau des débats et vous évaluerez l'état intellectuel d'un pays effondré, qui s'enfonce tous les jours un peu plus dans le marasme. Un pays qui éclate et qui se morcelle sous l'influence d'un communautarisme qui ne constitue une surprise que pour les imbéciles. Un pays qui s'appauvrit et qui ne représente plus rien sur la scène internationale.

    Je me fiche du pays et de ses habitants. Je regrette seulement une civilisation que des individus, ça et là, continueront néanmoins à faire vivre dans leur mémoire, et qui s'éteindra peu à peu lorsque leurs yeux se fermeront pour toujours, comme des étoiles qui s'éteignent.

    Posté par David, 27 février 2010 à 23:22 | | Répondre
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