21 janvier 2010

Longue crispation, et, enfin, quelques grammes de petitesse

Savez-vous que je commence à être plus à l'aise face aux cloches de l"actualité? Plus libérée. Plus déconneuse. Faut que je vous dise: moi, je sais pas si c'est un syndrome d'apitoiement universaliste, dès qu'il y a une catastrophe type désastre de Lisbonne, je me sens au minimum Voltaire. Pour tout vous dire, je me suis enfermée dans ma petite conscience de fille riche face au séisme en Haïti. Une crispation devant les cris, les pleurs, une émotion recevant des traces de dignité (la dignité ça m'impressionne toujours) et une larme à l'oeil devant la souffrance. Et puis ce soir, je me rends compte que le gros titre des infos ne se focalise plus sur l'île dévastée mais parle d'un certain Proglio, pacsé avec Sarkozy lors des festivités du Fouquet's, je comprends qu'on ricane sur Christine Lagarde et qu'on tape encore sur Petit Garçon, président de la France-qui-s'la-pète, récidiviste. Voilà. A nouveau je suis dans mon élément.

Je sais, ce blog est incapable de déployer une envergure critique face aux événements internationaux, je ne suis pas Bernard Guetta.

Certes, pendant ces quelques jours de silence, ces premiers jours de 2010, Frédéric Lefebvre a certainement proféré 28 conneries à la minute, certes l'éminent Patrick Balkany a sorti un livre de mémoire plein de sperme (dont une giclée pour Brigitte Bardot, une information de première bourre!), certes Brice Hortefeux a assuré sans rire que l'insécurité reculait parce qu'au réveillon de la saint Sylvestre, en comparaison avec le comptage précédent, 10 voitures de moins avaient échappé aux flammes, certes Vincent Peillon n'a pas voulu discuter avec Marine Le Pen et a tiré la langue à Arlette Chabot, mais tout cela, même le sperme de Balkany sur Brigitte Bardot, tout cela m'a paru dérisoire face au malheur des haïtiens.

photographier_le_petit_oiseau_de_Balkany

Immortaliser le petit oiseau de Balkany

Mais c'était hier. Je sens que la petitesse reprend le dessus, je la sens s'insinuer dans les préoccupations françaises, je frétille à l'idée de noter les glaiseuses polémiques qui vont reprendre le dessus chez les concepteurs d'information pré-machée et chez nos politiques rase-motte. C'est le charme de ce régime : on bavarde au lieu d'agir, on s'oppose au lieu de construire, on s'agite au lieu de concevoir. Impatience sans conscience n'est que ruine de l'âme. Telle devrait être la devise de Sarkozy. Et les improvisations de ce branle ne peuvent que faire le bonheur d'un blog futile et branleur comme le mien.

Allez les petites bites, on y va. Essayez de faire trembler votre globe terraqué qu'on rigole. Je suis là.

___


Posté par Advision Julie à 20:30 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

Commentaires sur Longue crispation, et, enfin, quelques grammes de petitesse

    sourire

    c'est vrai qu'au bout de quelque temps , on devient franchement insolent et que c'est un virus franchement salutaire ...

    Posté par zivvoug, 21 janvier 2010 à 22:53 | | Répondre
Nouveau commentaire