31 octobre 2009

La police se moque de Brice Hortefeux

J'ai lu quelque part que depuis la fameuse phrase raciste et publique de Brice Hortefeux, ministre de l'intérieur, policiers et gendarmes s'amusent quotidiennement à communiquer entre eux, par exemple de voiture à voiture, en ces termes : "Chef! Individu suspect de type auvergnat en vue, chef !".

Est-il utile de rappeler qu'Hortefeux avait manié le mensonge par déformation en affirmant sans rire que son immonde petite phrase sur les arabes... visait les auvergnats? Personne ne l'avait cru, bien sûr.

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2g de Volvic dans le sang? Votre compte est bon!


On parle souvent de l'opinion publique comme d'une force qui relaie et amplifie les actes chevaleresques comme les pitoyables vilenies. Certes, monsieur tout-le-monde capte les polémiques volatiles de la nation (elles sont légion ces temps-ci), réagit, mais il oublie aussi très vite. Ce qui frappe dans l'exemple de ce nouvel habitus des forces de police, c'est qu'il passe par le langage, qu'il se moque par métaphore. Ainsi, i faut bien comprendre que les ricanements des flics de base symbolisent un désaveu flagrant, qu'ils constituent, face à un ministre affaibli, le plus violent boomerang qu'on puisse imaginer dans le monde très "civilisé" des forces de l'ordre.


Julie

Posté par Advision Julie à 13:44 - Commentaires [5] - Permalien [#]
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Commentaires sur La police se moque de Brice Hortefeux

    Potage républicain-cain-cain

    Le ricanement des "flics de base" à l'égard de leur ministre est une constante dans ce corps. Il en va d'ailleurs de même en ce qui concerne l'armée. Policiers et militaires, soumis aux caprices de leur ministre, n'ont statutairement qu'une faible capacité à exprimer leurs opinions. Alors, ils évacuent la pression hiérarchique par de petits ricanements sous cape. N'y voyons pas l'expression d'une conscience politique, car les flics ou les militaires n'en ont généralement pas. C'est seulement l'expression d'une défiance clandestine envers le chef, d'abord parce qu'il est chef, ensuite parce qu'il leur en fait baver et enfin parce qu'il exige d'eux une soumission quotidienne qui les conduit à ravaler leur fierté. Ce ricanement est une riposte clandestine et un peu lâche de l'esclave au maître. Un peu comme la servante qui crache dans la soupière avant de la déposer sur la table de maîtres rogues et tatillons.

    Posté par David, 01 novembre 2009 à 20:52 | | Répondre
  • Bain de bouche lexical

    Certes les persiflages de ce corps de métier sont réguliers (il suffit de passer quelques temps dans un commissariat pour s'en rendre compte), mais je trouvais intéressant de situer cette opposition bon-enfant dans quelque chose qui n'a rien à voir avec les directives d'en haut ou les aléas de la vie quotidienne du flic de base. Cette fois, comme je l'écris, c'est du langage qui répond à du langage. Je ne faisais aucunement allusion au rapport hégélien maître/esclave, j'illustrais une critique quasi rhétorique. Étonnant de la part des forces de l'ordre qui se soucient assez peu des nuances du lexique.

    Posté par Julie, 02 novembre 2009 à 00:48 | | Répondre
  • Julie aux arrêts

    Vous avez passé du temps dans un commissariat, Julie ? Racontez-nous cette expérience, s'il vous plaît ! Etait-ce en cellule de dégrisement après que vous ayez occasionné des désordres avinés sur la voie publique ?

    Posté par David, 02 novembre 2009 à 07:30 | | Répondre
  • Aux femmes, le silence est une parure, dit Sophocle

    Bien pire que ça voyons !

    Posté par Julie, 03 novembre 2009 à 00:44 | | Répondre
  • D'un air vague et rêveur, elle essayait des poses ...

    Julie, vous n'avez pas besoin du silence. Vos attributs naturels sont déjà de magnifiques parures !

    Posté par David, 04 novembre 2009 à 21:44 | | Répondre
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