16 septembre 2009

Têtu comme un irlandais ?

Le 2 octobre 2009, dans exactement 16 jours, l'Irlande sera sous les projecteurs de l'actualité et les dirigeants européens retiendront leur souffle. C'est que l'Irlande nous refait le coup du référendum sur le Traité de Lisbonne, et cela en pleine crise économique. Une Irlande qui a largement profité des subsides européens, mais une Irlande qui paie le prix fort de la crise du capitalisme. Du temps de sa splendeur discrète, c'est-à-dire pendant plus de 25 ans, ce pays a connu une prospérité enviée. Désormais il compte plus de 12% de chômeurs et les déficits publics se creusent outrageusement. Tiens ça nous rappelle la France tout ça... En outre, peu d'irlandais semblent spontanément européens, et l'on peut sans se tromper affirmer que la société irlandaise est assez peu progressiste : par exemples, l'avortement et le mariage gay y sont hors la loi (la crainte d'une uniformité de convictions taraudent les esprits les plus ouverts). Rappelons que lors du premier vote (juin 2008), le "non" l'avait emporté avec un score de 53.4% des votants. Aujourd'hui, l'intelligentsia irlandaise, les médias, les principaux partis politiques font une campagne quasi institutionnelle pour que le "oui" l'emporte. Une sorte de bourrage de crâne à la française cuvée 2005. Les sondages suivent la tendance. Sauf que...

Sauf que, en quelques jours, le camp du "oui" a perdu 8% pour tomber à 46%, au grand profit des indécis dont la proportion gagne 7% pour atteindre les 25% (dernière enquête TNS). Révélateur de la dynamique générale, les euro-sceptiques progressent, eux, de 1%. Si bien que le scrutin s'annonce serré. Ah, que l'exercice de la démocratie est chose malaisée puisqu'il faut convaincre, encore convaincre, toujours convaincre, rassurer, faire aimer, délivrer de l'enthousiasme...

L'Irlande, a elle seule, peut signer l'arrêt de mort du Traité de Lisbonne. C'est, en tout cas, ce que laisse entendre la Présidence Suédoise de l'UE. A moins qu'un plan B...

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Mais c'est joli Lisbonne ! Z'ont aucun goût ces Irlandais...

Mais cessons de rire. Rappelez-vous comme nous nous étions esclaffé, nous français, quand les Laurent Fabius, les Jean-Luc Mélenchon et tous les partisans d'une "autre Europe" se disaient convaincus qu'un plan B était possible...

Faut que je vous dise: je suis une europhile patentée (vous savez je suis le genre de fille qui pose des tas de questions aux autres sur leurs manières d'êtres, sur notre humanisme commun, pour comparer nos petits systèmes, nos terribles et douces vies, notre manière d'aimer la charcuterie, notre façon de faire caca sans bruit dans les lieux publics, des tas de trucs éclairants, quoi). Donc je pense que je vais, moi aussi, retenir mon souffle ce 2 octobre. Mais comme je suis une petite emmerdeuse, voire un tantinet rebelle, il me prendrait de rire si les irlandais se contentaient d'être têtus. Moi vous me connaissez, je ris d'un rien.

Julie

Posté par Advision Julie à 20:29 - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires sur Têtu comme un irlandais ?

    Allez, dis-moi oui, allez ...

    Comme si les échanges culturels, commerciaux et sociaux entre les européens avaient attendus le surgissement d'une armée de petits technocrates à lunettes pour exister ! Croyez-vous, Julie, que la réalité européenne naisse des torchons que l'on tisse dans le dos des peuples, pour ensuite les utiliser contre eux sous forme de bâillon ?

    Avez-vous besoin d'un traité ou d'un arsenal réglementaire pour voyager, questionner, déambuler et fureter dans les plis de l'Europe ? Et dans ce cas, pourquoi s'arrêter à l'Europe ?

    Cette affaire irlandaise nous fournit une belle leçon sur la conception que nos régimes se font de la démôôôôcrââââââââtie !

    Posté par David, 16 septembre 2009 à 22:35 | | Répondre
  • fureter... et payer !

    Oh bin moi je n'ai pas besoin des technocrates. Sauf que je les remercie d'avoir inventé l'euro; Comme ça je ne convertis plus. Je suis mauvaise en calcul.

    Posté par Julie, 17 septembre 2009 à 12:42 | | Répondre
  • Julie, au tableau !

    Je remarque que la Julie ne quitte donc jamais l'Europe, simplement en raison d'une insuffisance en calcul mental ! Il n'y a pas de quoi être fière Julie ! Mais qu'ont fait vos instit ?

    Posté par David, 18 septembre 2009 à 22:44 | | Répondre
  • Fière moi? Jamais !

    Je me souviens de séances atroces de calcul mental. Pour moi, exercer son mental à l'école c'était rêver. Même aujourd'hui, je me situe dans cette optique-là. Mais essayez d'imaginer la petite Julie avec sa craie et son ardoise : elle était terrorisée (déjà) par la culture du résultat. Du coup, la petite Julie fut nulle en addition, soustraction, division. Une handicapée de ce langage-ci. Puis Julie écrivit des poèmes et cela alla mieux... Elle préféra ce langage-là.

    Posté par Julie, 19 septembre 2009 à 13:20 | | Répondre
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